ANATOMIE D'UN LEPIDOPTERE


Vision anatomique générale du papillon



Vision anatomique détaillée du papillon

La trompe


Coupe transversale d'une trompe

A la face ventrale de la tête, et logée dans une gouttière, se trouve la trompe. Elle permet la prise de nourriture liquide, le plus souvent le suc des fleurs (nectar). Certains papillons ne se nourrissent pas au stade imaginal ( dernier stade ), c’est pourquoi leur trompe est atrophiée, voire absente pour certaines espèces.

La trompe est formée de deux gouttières accolées, fixées l’une à l’autre par des crochets et des pointes. Chaque moitié comprend de nombreux anneaux rigides, séparés par des membranes molles. Un ruban élastique s’étend tout le long de la partie supérieure. Sur la face interne sont fixés de nombreux muscles obliques. Quand elle ne sert pas, la trompe est enroulée entre les palpes sous la face inférieure de la tête.

C’est la perception d’une odeur qui déclenche souvent le déroulement de la trompe mais pour certaines espèces, d’autres stimuli sont nécessaires : les organes du goût situés sur les pattes ou les palpes doivent percevoir des traces de nectar avant que la trompe soit sortie mais cela ne suffit pas toujours et il faudra que les sensilles de la trompe de la trompe soient, elles aussi, suffisamment stimulées pour que l’insecte se mette à boire.


Les antennes


Antenne bipectinée Antenne claviforme Antenne crochue
Antenne dentelée Antenne filiforme Antenne massue
Antenne pectinée Antenne renflée

Les antennes comportent toute une série d’organes des sens délicats et très sensibles, analysant les odeurs ( de même que les palpes ), les courants d’air, les vibrations et aussi les simples perceptions tactiles. De nombreux récepteurs entrent en jeu pour la perception des odeurs.

Les plus nombreux sont des poils minuscules ( les sensilles ) implantés directement sur les antennes et d’autres parties du corps. Vus au microscope électronique, ces poils ressemblent à des éponges percées de nombreux pores où pénètrent les molécules odorantes qui stimulent les terminaisons nerveuses. Il est probable que certaines sensilles ne décèlent que des odeurs particulières, par exemple une phéromone alors que d’autres sont sensibles à plusieurs odeurs, celles des plantes hôtes par exemple. De plus, les antennes servent au papillon pour la recherche de nourriture, le choix du conjoint et l’orientation pendant le vol.


Le thorax


Parties détaillées du thorax

Très velu chez la plupart des espèces, le thorax comprend trois segments de dimensions inégales ; à l’avant , le prothorax est relativement grand chez certains des hétérocères les plus primitifs, mais chez les rhopalocères et les grands hétérocères il a l’aspect d’un collier en arrière de la tête. Il porte la première paire de pattes. Le segment médian ou mésothorax, le plus grand, porte les ailes antérieures et la paire médiane de pattes.

De chaque côtés du mésothorax se trouve une tegula triangulaire, située au-dessus de la base de l’aile ; c ‘est une plaque cornée couverte d’écailles, qui se détache assez facilement chez les papillons en collection. Il semble qu’elle serve à protéger l’articulation délicate de l’aile. A l’arrière de mésothorax se trouve une plaque plus ou moins ovale, le scutellum ( ou écusson ), qui recouvre en partie le mésothorax, plus court. Ce dernier porte les ailes postérieures et la dernière paire de pattes . Le thorax est beaucoup plus rigide que l’abdomen car son squelette externe, plus épais et plus résistant, sert de surface d’insertion aux muscles alaires et aux ailes.


L’abdomen


Coupe d'un abdomen

L’abdomen, plus ou moins allongé, cylindrique ou fusiforme se compose de huit segments chez le mâle et de sept chez la femelle. Chez les deux sexes, les derniers segments modifiés portent les organes compliqués de la reproduction. Chaque segment abdominal se compose d’une plaque ventrale réunies sur les côtés par une large membrane molle dans laquelle s’ouvrent les orifices respiratoires ( stigmates).


Les ailes


Ecailles disposées en tuile

Le papillon possède une paire d’ailes antérieures plus grande que la paire d’ailes postérieures. Ces ailes sont découpées et structurées de nervures qui assurent une bonne rigidité à l’ensemble. Le sang circule dans les nervures, l’air passe dans leurs trachées et elles possèdent des nerfs. De plus, elles sont recouvertes pour la plupart des espèces d’écailles superposées et disposées en rangées comme les tuiles ou les ardoises d’un toit. Les écailles se détaches facilement, se cassent à la base ou sortent de leur logement. Beaucoup tombent pendant le vol et les papillons âgés ont de ailes plus ou moins dénudées.


Les yeux composés


Coupe d'un oeil à facettes

Les yeux occupent chez le papillons beaucoup de place sur sa tête. Ils sont composés de milliers d’yeux simples, les ommatidies reliés directement au cerveau par des nerfs. Chacun comprend un cône surmonté d’une cornée ( la facette ) et au-dessous se trouve un élément sensible à la lumière ( le rhabdome ). A la surface des globes oculaires, on peut apercevoir les nombreuses cornées juxtaposées rappelant des alvéoles d’un nid d’abeilles. Le papillon perçoit une vision d’images en mosaïque, formée de milliers de points correspondants chacun à une fraction du champ visuel. La vision de distance est imprécise mais la perception de la lumière, de l’ombre et des mouvements à faible distance est bonne. En outre, les papillons ont également une excellente vision des couleurs et perçoivent probablement une gamme beaucoup plus vaste que tout autre animal.

Par Sebastien DEMAY.